Rokko Miyoshi
Manufactured Frames
13.06 > 25.07.26
Vernissage Vendredi 12 Juin - 18h

L’exposition Manufactured Frames présente, aux côtés de sculptures-assemblages, un ensemble de photographies de presse issues de la collection que Rokko Miyoshi constitue depuis une dizaine d’années. Miyoshi s’intéresse à ces documents pour leur fonction utilitaire et pour les traces qu’ils portent. Au fil de leur circulation, ils sont manipulés, tamponnés, recadrés, classés, salis, déchirés, froissés, oubliés. Et finissent parfois abandonnés dans des fonds personnels, ou dans des services de documentation en liquidation.
Ces archives d’images, produites pour informer et consigner le monde industriel, en documentent aujourd’hui la disparition. Les photographies témoignent d’un travail désormais déplacé ailleurs ou remplacé, où la figure humaine est cadrée par des machines qui n’ont plus besoin d’elle. Des enclos dans les enclos.
L’exposition fait écho aux contradictions qui soutiennent le monde industrialisé. Ses promesses d’une prospérité sans fin et les autres mythes qui continuent de nourrir cette illusion. À travers ces images, la collection maintient ouverte la question de ce qui a changé et de ce qui persiste. Elle nous interroge sur la manière de regarder au-delà de notre peur d’un nouvel enclos, celui de la fin du travail, de l'hyperautomatisation et de l’IA, et sur la possibilité de désarmer la confusion des désirs produits par un système qui nous contient.
-------
Rokko Miyoshi étudie l’économie à l’Université Sophia de Tokyo (Japon), ainsi que l’histoire de l’art asiatique. Il est titulaire d’un master du San Francisco Art Institute et d’une maîtrise en beaux-arts de la LUCA School of Arts à Bruxelles. Il a présenté son travail dans de nombreuses expositions à Tokyo, San Francisco et Bruxelles, et a participé à plusieurs résidences artistiques en Belgique, aux Pays-Bas et en Grèce.
Son travail s’intéresse aux structures de pouvoir et aux systèmes symboliques qui façonnent notre perception du réel. Souvent guidées par des protocoles conceptuels, ses installations se concentrent sur des assemblages d’objets trouvés, d’images et de documents, s’appuyant sur des transmissions socio-historiques et des contextes géopolitiques. Il mobilise des stratégies de présentation, de déplacement et de recontextualisation narrative afin de faire émerger de nouveaux cadres de discours. Ces dernières années, son travail s’est particulièrement intéressé aux mécanismes de désinformation médiatique et de propagande, à la collapsologie, ainsi qu’aux limites et aux effets à long terme de la « violence lente », c’est-à-dire des mécanismes diffus et invisibles de violence et de domination.

